
Livres Hebdo l'annonçait sur son blog fin aout, "l'offensive de séduction a commencé en direction des relais d’opinion, pour revaloriser l’image d’un produit malmené par les rumeurs" (j'en parlais à ce moment ici). La campagne de promo a aujourd'hui bel et bien commencé, le produit est déjà en vente à 350 dollars, le fameux connect store est dévoilé ici, (10 000 titres pour commencer), des tests (ici) et des videos sur YouTube (là) tentent déjà d'apater les "early adopters".
Pour commencer l'analyse de la guerre qui s'annonce pour la domination des appareils de lecture d'ebooks, je vous conseille la lecture de cet article sur le blog de Teleread (l'auteur, David Rothman, est un spécialiste du sujet, et le cofondateur du consortium OpenReader, une ONG qui travaille pour mettre en place un format de lecture libre, non-propriétaire). Pour ceux qui ont du mal avec l'anglais (les anglophones, n'hésitez pas à commenter ma note si je fais un contre-sens), le titre de ce post, c'est "Will the Sony Reader be the Edsel of E-Ink?" (Le Sony Reader sera t'il le "Edsel" de l'encre électronique??), Edsel étant le nom d'un modèle de voiture lancé par Ford en 58, un des plus gros désastre marketing du 20ème siècle, malgré une des plus importantes campagnes de pub jamais vues aux etats-Unis (plus d'infos ici).
En résumé, voici les 5 menaces que devra surmonter le gadget de Sony pour s'imposer:
L'écran du Sony Reader est noir et blanc, ses concurrents, comme par exemple le Words Gear de Panasonic, bientôt sur le marché japonais, seront en couleur. Le Sony Reader, ça n'est finalement que la version américanisée du Librié, qui a visiblement fait un flop au Japon (voir ce témoignage), avec un fond gris et pas blanc, donc un contraste médiocre, pas de rétroéclairage, impossible de lire dans l'obscurité. C'est peut-être un détail mais ça semble beaucoup compter pour les acheteurs potentiels; (pour moi, un PDA (pas cher) sur lequel je pourrais naviguer, regarder des films, des photos, avoir mon agenda etc. avec un grand écran serait tout simplement le meilleur support de lecture) ...
Le format de lecture est imposé par Sony, et c'est mal: "Don’t you hate it when the commercial priorities of tech companies limit the books you can enjoy?"
Deux formats sécurisés se sont naturellement imposés sur le marché pour les livres sous droit, deux formats qui ont la confiance des éditeurs, le pdf "encrypted" et le prc, on ne peut lire ni l'un ni l'autre sur le Sony Reader, et c'est bien dommage.
Ok 10 000 titres c'est pas mal pour un début, mais si l'on compare avec le catalogue potentiel d'Amazon (qui rappelons le va aussi sortir son propre reader, avec mobipocket), c'est très petit.
Même s'il coûte pour l'instant deux fois plus cher que le Sony, même s'il a encore beaucoup de défauts, il a d'autres avantages: un plus grand écran, meilleur pour un usage professionnel, la possibilité de capter le wifi. On peut penser que l'équipe de iRex (et ses partenaires chinois) est plus à même de lancer une nouvelle génération de machines plus petites et moins chères que Sony, qui n'a jamais aimé se positionner "low cost".